UNIVERSITE DE DROIT, D’ECONOMIE ET DES SCIENCES

D’AIX-MARSEILLE

 

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INSTITUT DE DROIT DES AFFAIRES

 

 

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MEMOIRE PRESENTE

DANS LE CADRE DU DEA DE DROIT DES AFFAIRES

 

 

 

 

 

DE L’HARMONISATION A LA COORDINATION DE LA FISCALITE DIRECTE DANS LA LUTTE CONTRE LA CONCURRENCE FISCALE DOMMAGEABLE

 

 

 

 

 

 

Présenté par

Eve D’ONORIO DI MEO

 

 

 

Sous la direction de Madame Le Professeur

Marie-Ange MOREAU

 

 

 

TRAVAUX DE L’INSTITUT DE DROIT DES AFFAIRES

D’AIX-MARSEILLE

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Année 2002-2003


LISTE DES ABREVIATIONS

 

Al                        Alinéa

Art                               Article

Bull. civ.                      Bulletin des arrêts des Chambres civiles de la Cour de cassation

Bull. Joly                     Bulletin mensuel d'information des sociétés

B.R.D.A                     Bulletin rapide du droit des affaires

Cass.Civ.                   Arrêt de la chambre de la cour de cassation

Cass.Com                 Arrêt de la chambre commerciale de la cour de cassation

Cf.                               Confère

C.civ.                          Code civil

C.com                        Code Commercial

CGI                             Code général des impôts

C.pen.                        Code pénal

Comm                        Commentaires

Concl.                         Conclusion

Ch.                              Chambre

Chron.                        Chronique

D. recueil                   Dalloz depuis 1965 Recueil Dalloz Sirey

Doc. Adm                  Documentation administrative

Dr. Pénal                   Droit pénal

Dr. Fisc.                     Droit fiscal

Dr. Sociétés             Droit des sociétés

Ed.                              Edition

Gaz.Pal.                     Gazette du palais

I.R                               Informations rapides

JCP ed. G                 Juris-classeur périodique, Semaine juridique, Edition générale

JCP ed. E                  Juris-classeur périodique, Semaine juridique, édition entreprise

L.G.D.J.                     Librairie générale de droit et de jurisprudence

NCPC.                       Nouveau code de procédure civile

Obs.                           Observations

Pan.                            Panorama

p.                                Page

Quot.                          Quotidien juridique

Rep.Min.                    Réponse ministérielle

RJF.                           Revue de jurisprudence fiscale

R.J.D.A.                     Revue de jurisprudence de droit des affaires

R.T.D.Civ.                  Revue trimestrielle de droit civil

R.T.D. Com               Revue trimestrielle de droit Commercial et de droit économique

s.                                 Suivant

SA.                             Société anonyme

SARL                                     Société à responsabilité limitée

SAS.                          Société à actions simplifiée

SCI.                            Société civile immobilière

SNC                           Société en nom collectif

Somm.                       Sommaire

T.com                         Jugement du tribunal de commerce

T.G.I.                           Jugement du tribunal de grande instance

T.I                                Jugement du tribunal d'instance

 


SOMMAIRE

 

INTRODUCTION

 

TITRE 1/ L’HARMONISATION FISCALE DANS LA LUTTE CONTRE LA CONCURRENCE FISCALE DOMMAGEABLE

 

CHAPITRE 1/ L’ECHEC DES TENTATIVES D’HARMONISATION

SECTION 1/ LES FONDEMENTS D’UNE HARMONISATION

SECTION 2/ LES OBSTACLES A L’HARMONISATION

SECTION 3/ LES DANGERS DE LA CONCURRENCE FISCALE

 

CHAPITRE 2/ LE CONSTAT D’UNE CONCURRENCE FISCALE DOMMAGEABLE

SECTION 1/ L’EXISTENCE DE LA CONCURRENCE FISCALE DOMMAGEABLE MIS A JOUR PAR L’OCDE

SECTION 2/ LA COOPERATION MINIME ENTRE L’UNION EUROPEENNE ET L’OCDE

 

TITRE 2/ LA COORDINATION PREFEREE A L’HARMONISATION : LES AVANCEES DU PAQUET FISCAL

 

CHAPITRE 1/ LA COORDINATION FISCALE POUR LA FISCALITE DES ENTREPRISES

SECTION 1/ L’ADOPTION D’UN CODE DE BONNE CONDUITE : IDENTIFICATION FISCALES DES MESURES POTENTIELLEMENT DOMMAGEABLES

SECTION 2/ LES PAIEMENTS TRANSFRONTALIERS DE PAIEMENTS ET DE REDEVANCES ENTRE ENTREPRISES

SECTION 3/ LA REGLEMENTATION DES AIDES D’ETAT AU SECOURS DU CODE DE CONDUITE

 

CHAPITRE 2/ LA COORDINATION FISCALE POUR LA FISCALITE DE L’EPARGNE

SECTION 1/ LA PROPOSITION DE LA DIRECTIVE DE 1998 ET L’ACCORD INTERVENU AU CONSEIL ECOFIN DE BRUXELLES LES 26 ET 27 NOVEMBRE 2000

SECTION 2/ LES RECENTS ACCORDS INTERVENUS AU CONSEIL ECOFIN EN 2003

SECTION 3/ LE NECESSAIRE RENFORCEMENT DU PAQUET FISCAL

 

CONCLUSION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

L’idée d’un droit fiscal européen

 

La Communauté a le pouvoir de mettre en oeuvre une politique propre et donc commune chaque fois que l'ampleur des pouvoirs attribués à ses organes permet un choix discrétionnaire entre des solutions concrètes, notamment en matière de règles de concurrence, dans les domaines social, de l'agriculture et des transports ou encore pour l'application de procédures permettant de coordonner les politiques économiques des États membres.

 

Une politique économique est inconcevable sans une politique fiscale correspondante. C'est pour cette raison que les éléments d'une politique fiscale sont indiqués en termes généraux dans le Traité de Rome et qu’un droit fiscal européen est né[1].

 

Le droit fiscal a communément pour objet les règles qui assurent efficacement la juste contribution des membres de la collectivité à la couverture des besoins collectifs.  Il s’ensuit des méta-règles, de droit constitutionnel ou de science des impôts, permettant de critiquer les règles, soit qu’elles soient injustes, soit qu’elles soient inefficaces.

Dans cette acception, le droit fiscal européen aurait pour objet, d’une part les règles assurant le financement de la Communauté par les Etats membres, d’autre part, celles relevant des secteurs où la Communauté dispose de moyens propres[2] et d’un pouvoir fiscal direct : union douanière, organisations de marché, fiscalité des fonctionnaires.

Mais ce n’est  pas dans cette acception que s’est forgée la notion de droit fiscal européen : on y voit généralement l’études des règles communautaires qui influencent le droit fiscal national des Etats membres.  Dès lors, si le droit douanier ou les autres secteurs évoqués n’en font pas partie, c’est précisément parce qu’il ne sont plus nationaux.  Le droit fiscal européen, au stade actuel de son développement, est donc l’étude des méta-règles.

 

Les origines de la politique fiscale

 

Le Traité attribue au Conseil un pouvoir normatif étendu ainsi que la coordination des politiques des États membres en ce qui concerne la Communauté économique[3]. Cet organe est donc le véritable moteur de l'action communautaire.

 

Naturellement, le maintien de la règle de l'unanimité réduit sa capacité de délibérer. En revanche, elle renforce le rôle et le poids politique du Conseil vis-à-vis de la Commission.

 

Dans le domaine fiscal, la tâche de la Commission est surtout d'étudier des solutions aux problèmes de la fiscalité intracommunautaire et de les proposer au Conseil.

Néanmoins, dans ce domaine, comme dans beaucoup d'autres, la Commission garde le pouvoir exclusif d'initiative. Ainsi, une mesure déterminée ne peut être adoptée que sur sa proposition. Elle garde donc la maîtrise de la politique fiscale des Communautés et la possibilité d'établir la direction et les lignes de développement de cette politique. Cependant, le Conseil peut modifier, à l'unanimité, les propositions de la Commission.

 

Il ressort des orientations de la Commission en matière de fiscalité directe[4] qu'elle a choisi, quant à l'harmonisation des régimes d'imposition des entreprises, une politique prudente.  La Commission aujourd'hui fait application dans ce domaine du principe de subsidiarité, d'après lequel les États membres restent libres de déterminer leurs régimes d'imposition.  La Commission se réserve le droit d'intervenir seulement pour remédier aux régimes d'imposition qui entraînent des distorsions importantes et affectant par exemple les décisions de localisation des investissements.  En effet, la Commission est arrivée à la conclusion que l'action des Communautés dans le domaine de la fiscalité directe doit se concentrer sur les mesures indispensables pour l'achèvement du marché intérieur.  Ainsi, la Commission a décidé de rouvrir le débat portant sur la nécessité d'harmoniser les impôts directs sur les sociétés et a abandonné un avant-projet de directive d'harmonisation de la base imposable des revenus des entreprises.

 

Compte tenu du principe de subsidiarité, l'objectif d'harmonisation paraît bien lointain.  La Commission a émis une communication, d'une technique de "soft law" et se limitant aux PME[5].

 

La Commission a livré le dernier état de ses études dans un rapport analysant les obstacles fiscaux au marché intérieur et les solutions possibles[6].

Le rôle de la Cour de Justice est devenu essentiel dès lors que le processus politique d'harmonisation fiscale s'est ralenti.

 

A la Cour de Justice est confiée la mission d'assurer le respect du droit dans l'interprétation et l'application des Traités.

 

Son rôle dans le domaine fiscal devient de plus en plus important. La Commission envisage d'ouvrir contre les États membres des procédures d'infraction relatives au manque de transparence des mesures incitatives liées à la fiscalité des entreprises. Elle envisage également de faire mieux respecter l'application directe des règles du Traité dans le domaine des dispositions fiscales qui entravent la libre circulation des capitaux et qui n'assurent pas le respect de l'égalité de traitement[7].

 

Par ailleurs, certaines directives en matière de fiscalité prévoient qu'un État membre peut refuser d'appliquer tout ou partie de ses dispositions lorsque l'opération envisagée a comme objectif la fraude ou l'évasion fiscale.  Il est évident que, le jour où un État membre voudra se prévaloir de ce pouvoir, le contribuable auquel les autorités nationales auront refusé l'application de la directive demandera à la Cour de Justice d'interpréter le sens et la portée de l'expression "fraude et évasion fiscale" dans le droit communautaire.

La concurrence fiscale et l’évasion fiscale

 

La concurrence entre les systèmes fiscaux des différents pays peut être saine, quand elle aboutit par exemple à la réduction des dépenses publiques excessives ou à l’allégement de la pression fiscale. Chaque pays évalue en permanence ses régimes fiscaux et ses dépenses publiques en vue de procéder, si nécessaire, à des ajustements pour améliorer l’investissement. Mais elle est déloyale quand elle incite l’épargne à se localiser, non en fonction des besoins économiques locaux, mais de la fiscalité des Etats. Il s’agit de détourner l’épargne des autres pays et diminuer ainsi leur recettes fi